Cours de taiji et qigong à la Chaux-de-Fonds

Auteur/autrice : Samuel

Lieux importants

Un art martial riche et profond comme le taiji ne se développe pas en un seul endroit. Voici quelques lieux qui ont nourri les racines, le tronc et les branches du taiji tel qu’on le connaît actuellement. Visitez cet article régulièrement, j’y ajouterai des lieu avec le temps.

Le temple de Shaolin

Berceau légendaire des arts martiaux chinois, ce temple est situé dans les montagnes du Henan. C’est là que Bodhidharma, appelé Damo par les chinois, aurait enseigné des techniques de cultivation physique et spirituelle aux moines. Ces techniques forment une grande partie de la base du qigong chinois.

Ces pratiques auraient permis aux moines, en meilleure santé, de se défendre efficacement contre les attaques de bandits, et dans certains cas même de porter secours à des convois impériaux. Petit à petit, cela a mené à la création de multiples techniques d’arts martiaux.

Au niveau spirituel, les techniques de méditations enseignées par Damo ont donné naissance à la branche Chan du bouddhisme chinois, qui a donné Zen en japonais.

Aujourd’hui, c’est un haut lieu touristique pour les pratiquant·e·s d’arts martiaux du monde entier, et de nombreuses écoles y sont rattachées. Dans ces écoles, des milliers de jeunes chinois·e·s apprennent les arts martiaux en internat.

Shaolin Kungfu

Les monts Wudang

Contrepoint taoïste au temple (bouddhiste) de Shaolin, les monts Wudang sont un autre haut-lieu des arts martiaux chinois. On y trouves de nombreux temples, ainsi que des maîtres d’arts martiaux qui y vivent de la culture du thé, et qui enseignent les arts martiaux sur leur terrain.

C’est sur ces montagnes que le légendaire Zhang San-Feng aurait crée le taijiquan, après avoir observé un combat entre une grue et un serpent. Depuis, les monastère de cette région ont continué les pratiques martiales basées sur l’utilisation de la force interne et du qi, donnant naissance à de nombreux styles, comme le baguazhang et le xingyiquan.

Le plus important des temples de cette région est le temple du nuage pourpre, sur les escaliers desquels de nombreuses personnes pratiquant les arts martiaux posent pour prouver leur passage.

Temple du Nuage Pourpre
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Sessions de pratique

Il est important de pratiquer le taiji entre les cours, mais il peut être difficile de choisir quoi faire. Voici donc quelques idées de petites sessions de pratique qui devraient vous prendre 5 à 10 minutes. Visitez cet article régulièrement, j’y ajouterai des idées au fil du temps.

jouer du pipa

Choisissez un mouvement, et tentez de vous rappeler tout ce que vous savez à propos de ce mouvement. Ca peut être à propos de l’intention, de la position du corps à un certain moment du mouvement, du placement des mains, de la répartition du poids, une application martiale… Répétez ensuite le mouvement plusieurs fois, en vous concentrant sur un seul de ces aspects à la fois. En 5 minutes, vous aurez ainsi le temps d’approfondir un ou deux aspects de ce mouvement, et vous avez déjà des idées pour de futures sessions de pratique.

Par exemple, vous pouvez pratiquer « 抱月势 – embrasser la lune » 10 fois en faisant attention à pivoter sur votre hanche, 10 fois en faisant attention à transférer le poids vers l’avant, 10 fois en faisant attention au placement de la main sur l’avant-bras, et 10 fois en gardant l’application martiale en tête. Quel efficacité !

séparer les nuages avec force

Commencez à effectuer la forme, en ne prêtant attention qu’à l’enchaînement des mouvements. Laissez votre corps vous rappeler quel mouvement vient après, et pratiquez ainsi jusqu’à ce que vous ne sachiez plus ce qui suit. Recommencez ensuite depuis de début, et faites de même. Répétez ainsi une séquence de nombreuses fois, jusqu’à ce que l’enchaînement des mouvements semble naturel et évident, ou jusqu’à la fin des 5 minutes allouées, selon votre emploi du temps.

Questions fréquentes

Taiji ? Tai Ji ? Taichi ? Tai Chi ? Quelles différences ?

Tout d’abord, sur l’orthographe : « tai chi » est l’ancienne transcription du mot dans l’alphabet latin, alors que « tai ji » est la version récente officielle (cherchez « pin yin » pour en savoir plus).

Quant aux espaces, le choix est tout à fait arbitraire : il n’y a pas d’espace entre les caractères en chinois, donc on peut choisir à loisir d’en ajouter ou pas lorsqu’on les transcrit en alphabet latin. Je choisi de ne pas ajouter d’espace car je vois « taiji » comme un seul mot, désignant à la fois l’art martial et le concept philosophique sur lequel il est basé.

Taiji ou taijiquan ?

Le mot « taiji » désigne à la base le moment dans une certaine interprétation de la création du monde où les opposés, yin et yang se séparent, mettant fin à l’ère d’unité totale (nommée wuxin). Plus généralement, c’est la philosophie qui regarde le monde à travers les lunettes du yin et du yang, opposés complémentaires qui se combinent d’infinies façons pour donner lieux aux « dix-mille choses », l’univers.

Le mot « quan » désigne un style d’arts martiaux pratiqué à mains nues. Il est souvent traduit par « boxe » dans des textes plus anciens.

Le mot « taijiquan » désigne donc un art martial pratiqué à mains nues, qui s’inspire de la vision philosophique taiji. Dans de nombreuses situations, on abrège « taijiquan » en « taiji » parce qu’en occident, on ne connaît que l’art martial (ou en tout cas sa version « gymnastique pour la santé »). D’autre part, cela permet aussi d’inclure les formes avec armes sous le même nom. Sinon, il faudrait parler de taijiquan, taijijian (épée), taijigun (bâton), etc.

Si le taiji est un art martial, est-ce que les cours sont violents ?

Le taiji est un art martial particulier, car il est souvent pratiqué avec l’intention de retrouver ou maintenir une bonne santé physique plutôt que de développer des prouesses en combat. Pour cette raison, la participation aux exercices à deux, et aux entraînements de combat sont toujours facultatifs, bien que fortement recommandés. De plus, les règles signées par les élèves à l’inscription fixent les bases d’interactions saines basées sur le consentement, la responsabilité et le respect.

Je ne suis pas souple/fort·e/en bonne forme, puis-je pratiquer le taiji ?

Absolument ! La pratique du taiji permet à toute personne de commencer un chemin vers une meilleure santé, (presque) quel que soit le point de départ. Je dirais que le niveau de base pour participer aux cours est de pouvoir marcher 10-15 minutes sans pauses (même lentement), et pouvoir s’asseoir sur un banc assez bas. De cette façon, vous pourrez participer à la plupart des exercices, et vous asseoir sur les bancs lorsque vous devez vous reposer un peu. On peut même espérer qu’avec le temps, cette pratique vous permettra de (re)trouver une bonne forme physique, et vous donnera beaucoup d’énergie.

En effet, les exercices sont conçus pour développer les compétences et les capacités physique avec la pratique. On peut donc partir d’un niveau de forme, souplesse ou force très faible, et se renforcer avec la pratique du taiji jusqu’à atteindre un niveau tout à fait honorable.

J’ai mauvaise mémoire, je ne pourrai jamais apprendre tous ces mouvements ?

La pratique du taiji est réputée pour améliorer la mémoire. Concrètement, l’apprentissage passe beaucoup par le corps, ce qui a tendance à aider la mémorisation. Les informations sont en général apportées à la fois visuellement et auditivement, tout au long du cours. De plus, le cours contient beaucoup de répétition, ce qui permet à l’apprentissage de se faire progressivement sur le long terme.

Pourquoi toujours le même échauffement ?

L’échauffement proposé en cours est un petit enchaînement de qigong assemblé par l’instructeur selon des principes de qigong traditionnel et de bioméchanique. Il contient des éléments qui visent à améliorer la force, l’équilibre, la souplesse et la coordination, ainsi que des mouvements qui promeuvent une bonne santé générale en stimulant certains organes internes.

Sa répétition vous permet de le mémoriser, et de le pratiquer en dehors des cours, comme pause de mouvement entre deux sessions de travail à un bureau, ou le matin pour bien démarrer la journée.

Pourquoi le style Wu ?

Cette question est épineuse. Comme dans bien des cas, ma première réponse est de dire que ça n’a aucune importance, et que ce qui importe, c’est la compétence de la personne qui enseigne, et la relation que vous forgez avec elle. En effet, si avec cette personne, le courant ne passe pas, vous ne pourrez pas apprendre grand chose de valable.

Supposons maintenant que vous ayez accès à plusieurs styles enseignés par des personnes compétentes avec qui vous vous entendez bien. Le style Wu, tel que je l’ai appris auprès de Maître Yan Long Jiang, est encore très proche de ses racines martiales, et conserve un potentiel énergétique fort. La plupart des personnes qui pratiquent cette forme se sentent énergisées après chaque séance de pratique. De plus, le programme d’entraînement transmis par le Maître contient encore un curriculum complet pour faire des élèves des combattant·e·s chevronné·e·s.

Cette proximité avec les racines est probablement due au fait que pour des raisons historiques, cette lignée a échappé à la standardisation décidée par le gouvernement chinois lorsqu’il a fait du taijiquan un outil important de prévention dans son système de santé.

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